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De nos jours, la plupart des mères décident d'allaiter leur bébé. Comme de plus en plus de Canadiennes prennent conscience de l'importance que l'allaitement maternel a pour la santé de la mère et de son bébé, de plus en plus de familles encouragent les mères à allaiter plus longtemps, jusqu'à deux ans et plus. Voici 10 bonnes raisons d'allaiter votre bébé

1. Éléments nutritifs et protection

Le lait maternel est le meilleur aliment pour la croissance et le développement de votre bébé. Chaque mère le produit tout spécialement pour son propre bébé et son lait offre la teneur parfaite en protéines, en glucides, en matières grasses, en vitamines et en minéraux. Aussi étonnant que cela paraisse, à mesure que votre bébé grandira, votre lait changera pour continuer de satisfaire ses besoins. Comme votre bébé digère aussi plus facilement le lait maternel que les préparations lactées, cela signifie moins de dégâts et moins de tracas!

Le lait maternel renferme des anticorps précieux qui aident à prévenir la maladie et qui peuvent réduire le risque d'allergies chez votre bébé. Après la naissance, votre premier lait, le Colostrum, offre une protection précoce vitale et aide à prévenir la croissance de bactéries nuisibles en couvrant les parois du système digestif de votre bébé. Cette protection précoce est encore plus importante si votre bébé est né avant terme – le colostrum protège!

 

2. Développement cognitif

Des données probantes démontrent que les enfants qui ont été allaités obtiennent de meilleurs résultats à des tests d'intelligence de même qu'aux évaluations faites par leurs enseignants de leur rendement scolaire.

 

3. Pratique et portable

Le lait maternel est toujours sécuritaire, frais et exactement à la bonne température. Il est prêt pour le bébé sans préavis et vous n'avez pas à le réchauffer, à faire bouillir de l'eau ni à stériliser des bouteilles, ce qui facilite grandement les tétées de nuit.

Comme le lait maternel est toujours disponible, il est plus simple de voyager et de magasiner avec votre bébé, sans équipement à transporter et sans besoin de réfrigération.

 

4. La taille n'a pas d'importance

La taille de vos seins n'a pas d'importance. Petits ou gros, ils produiront du lait pour votre bébé. Les seins commencent à se préparer à la venue du bébé très tôt au cours de la grossesse et ils sont capables de produire du colostrum (le premier lait) vers environ 24 semaines de grossesse. Dès que votre bébé est né, les hormones commencent à activer les seins pour qu'ils produisent plus de lait pour votre bébé. Vous continuerez à produire du lait grâce au principe entre l'offre et la demande – plus vous allaitez votre bébé, plus vous produisez de lait!

 

5. Des avantages aussi pour les mères

Des études semblent indiquer que l'allaitement procure une certaine protection contre le cancer du sein, le cancer des ovaires et l'ostéoporose plus tard dans la vie.

Votre corps utilise des calories pour produire du lait. L'allaitement peut donc vous aider à perdre graduellement le poids que vous avez pris pendant la grossesse. L'allaitement exclusif peut aussi retarder le retour des menstruations, du moins pour un certain temps.

 

6. Le maintien d'une relation spéciale

L'intimité et le réconfort que l'allaitement procure resserrent votre lien avec votre bébé. Cela fait partie des choses que vous pouvez faire pour établir une relation d'amour durable. Il est impossible de trop gâter un bébé, donc donnez-lui tous les câlins qu'il désire.

 

7. Les bienfaits ne s'arrêtent pas

Des études démontrent que le lait maternel est si important que c'est le seul aliment ou liquide dont votre bébé a besoin pendant les six premiers mois de sa vie. Après six mois, les bébés ont besoin d'une variété d'aliments en plus du lait maternel qui continue de les nourrir et de les protéger. Beaucoup de mères continuent d'allaiter jusqu'à ce que leur bébé ait deux ans ou plus. Le lait maternel, peu importe la quantité, est toujours bon pour les bébés.

8. Bon pour le budget

L'allaitement vous fait économiser! Il ne fait aucun doute qu'allaiter vous sauvera des centaines, voire des milliers de dollars que les préparations lactées pour nourrisson.

 

9. Une solution pour les mères qui travaillent

Votre bébé peut profiter de tous les bienfaits de votre lait même si vous pensez retourner au travail ou aux études. Vous pouvez exprimer votre lait à la main ou à l'aide d'un tire-lait et le laisser à la personne qui nourrira votre bébé. Vous pouvez aussi congeler votre lait pour en faire usage plus tard.

Dans certains cas, les mères disposent de services de garde dans leur milieu de travail, à l'école ou à proximité, ce qui leur permet d'allaiter leur bébé pendant leurs pauses.

 

10. Bon pour l'environnement

L'allaitement maternel est bon pour votre bébé, pour vous et pour l'environnement! Le lait maternel est produit et livré directement au consommateur – votre bébé – sans pollution, emballage inutile ou gaspillage.

 

 

Demandez des conseils et du soutien pour allaiter, ça en vaut la peine!

L'allaitement maternel est naturel, mais il faut parfois un peu de temps et de patience pour s'y adapter. Beaucoup de groupes et de gens sont prêts à vous aider, notamment les infirmières en santé publique, les consultantes et/ou marraines en allaitement, la Ligue La Lèche, votre médecin, votre sagefemme, des membres de votre famille ou des amies qui ont allaité.

Tiré du site:

http://www.phac-aspc.gc.ca/hp-ps/dca-dea/stages-etapes/childhood-enfance_0-2/nutrition/reasons-raisons-fra.php?utm_source=Facebook_HC&utm_medium=social&utm_content&utm_campaign=social_media_13

 

 


Freins
de langue, freins de lèvre : des freins à l'allaitement

par
Christelle Farré, animatrice LLLF, conseillère en allaitement, infirmière,
formatrice



Un
peu d’histoire


Le traitement des freins linguaux et labiaux est source de controverse depuis
les années 1700. Pour le Practical manual
of obstetrics
(1884), les freins doivent être corrigés
immédiatement, comme les hernies, les « imperforate anus » et autres « défauts
de naissance », car la succion du sein peut en être entravée.

Mais à partir du moment où l’« industrie médicale » prend en charge les
accouchements, l’évaluation systématique de l’état des freins à la naissance
est abandonnée. Les problèmes de freins sont alors ainsi décrits dans les
ouvrages médicaux : « Les mères qui expliquent que leurs problèmes
d’allaitement sont dus aux freins ont invariablement tort » (R.S. Illingsworth
dans The normal child, 1972).
En 1987, dans une déclaration de suivi, le même auteur dira n’avoir « jamais vu
de difficultés d’alimentation dues aux freins dans la première année de vie ».
Tous les problèmes d’allaitement sont alors mis sur le compte d’une physiologie
du sein défaillante. À partir du moment où la décision d’abandonner l’évaluation
systématique des freins à la naissance est prise, on ne trouve plus de
transmission de cette connaissance dans les cursus des facultés de médecine.

La physiologie de la lactation, quant à elle, ne sera vraiment connue et
comprise qu’à la fin du 20e siècle, grâce aux travaux des équipes de
l’Australien Peter Hartmann.

Aujourd’hui, les définitions et les évaluations des freins varient. Toutefois,
tous les auteurs qui s’intéressent au sujet sont d’accord pour dire que
l’aspect de la langue ne dépiste pas de façon suffisamment précise un problème
de frein. Les études disponibles montrent clairement que le critère fonctionnel
surpasse de loin le critère d’apparence.

Qu’est-ce
que les freins de lèvre et de langue ?


Ce
sont des structures anatomiques constituées essentiellement d’un réseau très
dense de fibres conjonctives lâches. Deux de ces freins vont nous intéresser
plus particulièrement dans la conduite de l’allaitement, celui de la langue et
celui de la lèvre supérieure.

Lorsque la structure anatomique des freins est suffisamment élastique, la
langue du bébé peut être étirée assez loin à l’extérieur de la bouche pour une
« bonne » prise du sein, et la lèvre supérieure peut être « ourlée » en appui
sur l’aréole tout en gardant une grande souplesse.

Quand y a-t-il un problème et pourquoi ?
Les freins qui vont générer des problèmes dans la conduite de l’allaitement
sont :

– ceux dont l’emplacement entraîne une modification de toute la fonctionnalité
de la langue et du retournement de la lèvre ;

– et le frein de langue constitué d’une fibre dont la texture est modifiée,
rendant le frein « serré », « rigide ».

Deux facteurs sont à l’origine de cette problématique :

– un facteur génétique est probablement en cause, dans la mesure où la présence
d’un frein « serré » est souvent familiale ;

– un facteur lors de l’embryogenèse (c’est-à-dire le développement de
l’embryon) : un déficit de « mort cellulaire embryonnaire » (apoptose)
aboutissant à une modification de la texture et de l’emplacement du/des freins.

Le terme médical utilisé pour le frein de langue serré est « ankyloglossie ».

On retrouve un problème de frein serré dans 25 à 60 % des difficultés
d’allaitement [1]. Selon les études, 4 à 10 % des bébés ont un frein « serré »,
avec une prédominance chez les garçons (de 1,5 à 2,6 garçons pour 1 fille)
[1-2-3].

Quand un enfant a un frein de lèvre d’implantation basse, celui-ci se cumule
souvent avec un frein de langue serré.

Le frein de lèvre supérieure
Le frein de lèvre supérieure va poser problème lors de la conduite de
l’allaitement si son implantation est basse, voire pénétrante vers le palais.
En effet, l’implantation basse d’un frein de lèvre réduit énormément la
capacité du bébé à « ouvrir grand » la bouche.

Cette réduction d’amplitude d’ouverture de la bouche du bébé, due à la retenue
que provoque le frein de lèvre supérieure « bas et serré », « rigidifie » la
lèvre supérieure. Le contact du frein avec le sein est décrit par certaines
femmes comme la sensation d’une « dent » qui appuierait sur leur sein.

Les conséquences tant pour la mère que le bébé seront en lien avec ces
éléments.

Pour la mère :

– douleurs des mamelons (décrites comme des « brûlures ») ;

– crevasses dues au frottement du frein de la lèvre supérieure et/ou de la
langue si la prise en bouche est vraiment « trop courte » ;

– risque d’engorgement par manque de stimulation avec une éjection insuffisante
de lait ;

– canaux lactifères bouchés, provoqués soit par la force du contact du frein
sur l’aréole, soit par insuffisance de drainage du sein à cause d’une prise en
bouche trop « courte » ;

– mastites (idem) ;

– toutes les problématiques dues aux lésions du mamelon (Candida albicans, streptocoque). En
effet, qu’il s’agisse de micro-blessures ou de crevasses visibles à l’oeil, dès
qu’une « porte d’entrée » existe, il y a risque ;

– parfois insuffisance de la lactation par manque de stimulation.

Pour le bébé :

– si insuffisance de lactation, bébé « insatisfait ».

Le frein de langue
Lorsque la langue est soulevée, elle dévoile sa face inférieure. On reconnaît
en position centrale le frein ou filet de la langue : il s’agit d’un repli
muqueux qui s’étend depuis la gencive linguale jusqu’à la langue. Cette
membrane muqueuse médiane unit le plancher de la bouche à la langue, tout en
permettant à la partie antérieure de celle-ci de se mobiliser librement.

Le frein de langue va provoquer des difficultés dans la conduite de
l’allaitement si son emplacement et/ou sa texture limitent les fonctionnalités
de la langue.

L’évaluation se fait à plusieurs niveaux : l’implantation du frein + la texture
du frein + l’atteinte des fonctionnalités linguales.

L’aspect de la langue
L’implantation du frein et sa texture vont « retenir » la langue et lui donner
des formes particulières.

Les freins dits « antérieurs » (dont l’insertion est à l’avant de la langue)
sont très faciles à reconnaître, car ils retiennent tellement la langue que
celle-ci va prendre la forme d’un « coeur » lors de l’étirement.

Pour les freins dits « postérieurs » (l’implantation est loin sous la langue ou
invisible dans la muqueuse), l’évaluation est plus complexe. On peut avoir le
sentiment que le bébé tire assez loin sa langue à l’extérieur de la bouche, car
il peut, en général, la positionner jusque sur sa lèvre inférieure, voire plus
loin. Mais la texture du frein « serré » va, au cours de la tétée, empêcher le
bébé de garder cette position dans la durée.

Ce qui va aider à reconnaître ce style de frein, ce sont les éléments suivants
: un aspect de la langue plutôt arrondie, comme si le bébé avait une « grosse »
langue. Elle semble aussi « plate », avec parfois comme un « couloir » en son
centre, les côtés peuvent « remonter » (le centre de la langue est retenu par
le frein). La limitation des mouvements de la langue pour ces positions de freins
est due à la texture « rigide » des fibres. Le diagnostic se fera par une
évaluation digitale qui permettra de sentir un frein « ferme, dur ».

La langue ayant un rôle de « formatage » de la cavité buccale, on peut
retrouver, chez les bébés ayant un frein de langue « serré », une forme
particulière de la voûte palatine : très profonde et peu large.

Les conséquences sur l’allaitement
Pour la mère [5-6-7-9-16-17-18-19] :

– douleurs aux mamelons, crevasses dues au frottement de la langue sur le
mamelon ;

– toutes les problématiques dues aux lésions du mamelon (Candida albicans, streptocoque) ;

– engorgement, canaux lactifères obstrués : l’étirement trop « court » de la
langue et la stimulation trop faible de l’aréole provoquent un drainage
insuffisant du sein ;

– lactation inadaptée par manque de stimulation.

Pour le bébé [6-7-8-20] :

– succion inadéquate et inefficace (partiellement ou totalement) avec
impossibilité de rester « fixé » sur le sein ;

– prise de poids lente, car le lait ne s’éjecte pas bien du sein (parfois
cachée par un Réflexe d’Éjection Fort – REF – chez la mère) ;

– comportement d’insatisfaction (tétées interminables, fréquentes, ou alors le
bébé fait le « choix » de « se préserver » et est plutôt calme) ;

– selles rares ou absence de selles, confondue avec de la constipation, par
manque de transfert de lait maternel ;

– coliques, car le bébé avale de l’air au cours de la tétée ;

– rots abondants pour la même raison (le bébé avale de l’air), voire RGO ;

– signes de fatigue : présence de clonus, possibilité de trémors (tremblements
de la langue, du menton) dus à une fatigue des muscles de la langue. En effet,
le bébé ayant un frein de langue « serré » doit faire plus d’efforts
musculaires pour étirer sa langue et essayer de se maintenir au sein.

Le frein de langue « serré » empêche le bébé de faire les mouvements
nécessaires pour stimuler de manière optimale le sein. Pour dépasser les
difficultés occasionnées par la présence de ce frein, le bébé développe des
mouvements compensatoires :

– une pression excessive avec ses lèvres pour « mieux » adhérer au sein (cette
forte pression peut provoquer des ampoules labiales au bébé) ;

– une compression des gencives contre le sein (qui entraîne des traumatismes,
un mauvais drainage du sein favorisant l’apparition de difficultés pour la mère
: mastite, canaux lactifères obstrués) ;

– une succion inadaptée : le bébé ouvre peu la bouche pour éviter que le sein
ne lui échappe (là encore, ce mouvement compensatoire provoque un mauvais
transfert du lait et un mauvais drainage du sein, favorisant l’apparition de
douleurs et de difficultés pour la mère).

Autres conséquences d’un frein de langue serré
La langue intervient dans d’autres « missions » que la succion du sein.
Lorsqu’un bébé a un frein de langue serré, ce sont toutes ces fonctions qui
peuvent être atteintes, avec, immédiatement ou à long terme, des conséquences
sur la santé. Certaines sont visibles rapidement et permettent de confirmer le
diagnostic de frein « serré ».

L’évaluation des freins doit se faire en tenant compte des aspects modifiés des
fonctions linguales [27].

La respiration [14-15-25-28-30-31-34-35] :

Le frein de langue « serré » maintient la langue plutôt au fond de la cavité
buccale. Ce positionnement va entraîner plusieurs soucis. Tout d’abord, la
respiration nasale devient difficile à cause de l’obstruction des voies aériennes
supérieures (avec ronflement). Pour compenser ce problème, les personnes ayant
un frein de langue « serré » ont tendance à avoir une respiration buccale. Les
conséquences en sont des pathologies de la sphère ORL et dentaire. On trouve,
pour la sphère ORL, un risque plus élevé d’affections oto-rhino-laryngologiques
(y compris otites) par manque de filtration (nettoyage), d’humidification, de
réchauffement de l’air inspiré (la respiration nasale permet, par la présence
des capillaires nasaux, de réchauffer/humidifier l’air inspiré, et par la
présence des poils du nez, de le filtrer et le nettoyer). Les risques de
polyallergies sont probablement pour cela augmentés. On retrouve aussi plus de
SAOS (Syndrome d’Apnée Obstructive du Sommeil, en anglais OSA, Obstructive
Sleep Apnea), et un état d’hypercapnie qui provoque un sommeil non réparateur,
ayant pour conséquence une somnolence diurne, qui, chez l’enfant, va plutôt se
manifester par des troubles du comportement et/ou émotionnels, une
hyperactivité associée à des siestes occasionnelles et plutôt courtes,
peut-être liées à de l’anxiété due aux apnées. Les risques de MSN (Mort Subite
du Nourrisson) seraient aussi plus élevés pour les bébés porteurs de frein «
serré ». Chez les enfants d’âge scolaire, on remarquera des troubles de la
concentration et de la mémorisation. Pour la sphère dentaire, l’assèchement de
la bouche par la respiration buccale amplifie vraisemblablement les risques de
caries dentaires (la salive ayant un effet protecteur).

La digestion [9-10-11-12-13-26] :

La langue intervient à la fois sur les fonctions de mastication et de
déglutition. Avec le frein de langue serré, ces deux fonctions sont atteintes.
Les troubles occasionnés peuvent être des douleurs abdominales (avec des pleurs
importants), l’émission de selles « explosives », un RGO (reflux
gastro-oesophagien), une « fausse constipation ». On peut voir chez certains
bébés un « décalage » de l’introduction des solides, ou un « choix » de
certains aliments avec refus d’autres. En effet, les troubles de la mastication
perturbent la capacité de ces bambins à modifier suffisamment leur « bol
alimentaire ».

La phonation [21-24] :

La phonation nécessite une mobilité linguale. Là encore, un frein de langue
serré va venir perturber cette capacité. On retrouve en séances d’orthophonie
un certain nombre d’enfants pour lesquels la cause principale du défaut de
prononciation est le frein serré non sectionné. Bien entendu, en fonction de
l’âge de l’enfant à la section du frein, des séances de rééducation avec un
orthophoniste pourront s’avérer nécessaires.

L’implantation dentaire, le développement
maxillo-mandibulaire, le formatage de la cavité buccale et la croissance
crânio-faciale [22-23-25-33] :


Le frein de langue « serré » va modifier le développement maxillo-mandibulaire
par le manque de mobilité de la langue, ainsi que l’implantation dentaire par
le fait entre autres de « tirer » vers l’intérieur de la bouche les incisives
de la mâchoire inférieure (Figure 12). La croissance crânio-faciale est aussi dépendante
de la mobilité linguale. On retrouvera chez les personnes avec un frein serré
des problèmes tels qu’une sinusite chronique par modification des cavités
sinusales, des tensions cervicales et dorsales. Un certain nombre d’adultes
auront aussi des céphalées et des migraines.

Que faire ?
Les spécialistes vont réaliser une freinectomie, c’est-à-dire une ablation du
frein, afin de libérer la langue dans toute son amplitude. La freinectomie est
différente de la frénotomie, qui est une section du frein en son milieu. Cette
dernière, souvent pratiquée en première intention sur les nouveau-nés et
bambins, pourra ne pas suffire à libérer complètement la langue, entraînant le
maintien des difficultés d’allaitement. La freinectomie, elle, va permettre des
améliorations notoires tant dans la conduite de l’allaitement que dans toutes
les fonctionnalités de la langue : meilleure succion du sein, moins ou plus du
tout de douleurs des mamelons pour la mère, meilleure éjection du lait,
augmentation de la lactation à distance du geste, meilleure prise de poids pour
le bébé, meilleure tenue du bébé au sein, meilleur sommeil, amélioration des
troubles digestifs... [5-6-8-21- 37 -38 -40-42-43 -45 -46 ]

En France, il n’existe qu’un petit nombre de spécialistes (ORL, dentistes) qui
connaissent les problèmes d’allaitement occasionnés par les freins de lèvre
supérieure et de langue, et pratiquent le geste sur les bébés.

Plusieurs s’accordent à dire que pour les « jeunes patients », la technique
d’intervention au laser semble être bénéfique, car elle permet d’effectuer un
geste complet, rapide, avec très peu d’inconfort pour le patient [36]. Une
vidéo montrant une frénotomie complète sans pleurs et avec cautérisation
immédiate grâce à cette technique, existe en ligne (vidéo et commentaires
réalisés par Charlotte Yonge, consultante en lactation IBCLC et animatrice LLL
Paris English) :

http://www.youtube.com/user/astharte2001/videos?view=0

Les suites opératoires sont assez simples, et la mise au sein se fait
immédiatement après le geste. L’intérêt est double : ce sera la première fois
que le bébé pourra téter avec une meilleure amplitude, et le lait maternel a
des vertus anti-infectieuses. De plus, la mise au sein a un effet antalgique
(qui réduit la douleur).

Des gestes sur la cicatrice peuvent être parfois demandés aux mères afin
d’éviter les adhérences qui risqueraient de réduire à nouveau la capacité du
bébé à étirer sa langue [47].

Bien entendu, ce sont les mises au sein répétées qui permettront au bébé de
rééduquer sa technique de succion. À cela, on pourra ajouter le mimétisme, en
lui faisant voir comment ouvrir « grand » la bouche et « tirer loin » la
langue. Le peau à peau et le « biological nurturing© » (concept créé par le Dr
Suzanne Colzon, voir : biologicalnurturing.com)
seront des aides intéressantes pour permettre au bébé de réapprendre à téter.

Pour la mère, il faudra parfois aider à stimuler la lactation très rapidement,
car le bébé ne faisant pas ce travail, l’offre de lait maternel risque de
chuter par rapport à ses besoins (tire-lait double pompage, galactagogues).

Faute d’intervention ou en l’attendant, il faudra aider le bébé à optimiser son
positionnement au sein de manière à ce qu’une grande partie de l’aréole entre
dans sa bouche, afin de faciliter le transfert de lait et éviter à la mère les
douleurs provoquées par la pression des gencives. La prise palmaire du sein
peut permettre au bébé de rester plus facilement sur le sein, car elle l’aide à
contrôler sa mâchoire inférieure. Toutes les techniques qui vont permettre au
bébé de recevoir suffisamment de lait seront aussi à envisager (compression du
sein pour qu’il reçoive plus de lait lors des tétées, DAL...).

Conclusion
Pour la conduite de l’allaitement, mais aussi pour les conséquences à long
terme d’un frein de langue « serré », il apparaît important de repérer, valider
et agir sur cette problématique. Toutefois, cela nécessite la pose du
diagnostic par un professionnel compétent, car même si le geste reste « simple
», il s’agit quand même d’une intervention à ne pas banaliser, et tous les
problèmes d’allaitement ne sont pas dus à un frein « serré ».

Février 2013

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